Gauvreau & fille Pierre et Annick Gauvreau – Acquisitions récentes

Date

02 Fév 2024 - 14 Avr 2024

La pause-café du cyclope, acrylique sur toile, 24 x 20 pouces, 2004.
© Succession Pierre Gauvreau / CARCC Ottawa 2024
Exposition : du 2 février au 14 avril 2024

Une petite fille parmi les grands

Samedi, 9 mars 2024 à 14 h : conférence par Annick Gauvreau

« Je suis née à Montréal en 1954, issue de deux parents signataires de l’historique manifeste Refus Global, Madeleine Arbour et Pierre Gauvreau. Il ne s’agit toutefois pas d’une conférence qui raconte ou présente le Refus Global bien que j’en fasse une courte description en introduction. Il s’agit plutôt d’un récit d’expériences vécues dans un environnement singulier, qui m’ont conduite à devenir l’artiste que je suis. Les personnes évoquées dans cette conférence sont réelles, bien qu’elles soient teintées d’une vision personnelle, la mienne. »
– Annick Gauvreau

Exposition Gauvreau & fille

Suite à un don de la famille d’Annick Gauvreau, le Musée d’art de Rouyn-Noranda est fier de présenter l’exposition Gauvreau & fille. L’exposition regroupe près de 25 œuvres de Pierre Gauvreau et 5 œuvres de sa fille Annick Gauvreau.

Pierre Gauvreau
Pierre Gauvreau (1922-2011) est l’un des signataires du Manifeste du Refus global. Regroupés autour de Paul-Émile Borduas (1905-1960), les signataires se composent à part presqu’égale de jeunes hommes et de jeunes femmes qui marqueront profondément la société québécoise :  la designer Madeleine Arbour (1923- ), le peintre Marcel Barbeau (1925-2016), le psychiatre Bruno Cormier (1919-1991), la peintre Marcelle Ferron (1924-2010), le poète Claude Gauvreau (1925-1971), l’actrice Muriel Guilbault (1922-1952), le peintre Fernand Leduc (1916-2014), le peintre Jean-Paul Mousseau (1927-1991), le photographe Maurice Perron (1924-1999), l’éclairagiste Louise Renaud (1922-2020), la poète Thérèse Renaud-Leduc (1927-2005), le peintre Jean-Paul Riopelle (1923-2002), la chorégraphe Françoise Riopelle (1927-2022) et la peintre et chorégraphe Françoise Sullivan (1923-_).

Si, en haut de la hiérarchie sociale de l’époque, tout semble immobile, en revanche, dans la population, la jeunesse s’active à s’ouvrir au monde, alors que la circulation des idées s’accélère grâce au développement technologique. C’est Pierre Gauvreau qui dactylographiera et imprimera les 400 exemplaires du Manifeste. Sa rencontre avec Paul-Émile Borduas remonte à 1941. Borduas invite Gauvreau à se joindre au groupe de jeunes artistes qui gravitent autour de son atelier. Pierre demande la permission d’amener des ami(e)s qui sont : Françoise Sullivan, Louise Renaud et Fernand Leduc.

Artiste polyvalent, Gauvreau se confronte à divers métiers. En 1943, il devient officier d’infanterie dans l’armée canadienne. Déployé outre-mer, il revient à Montréal en 1946 avec la ferme résolution d’être peintre, métier qu’il ne délaissera jamais, malgré tous les autres engagements où il laissera une marque indélébile : animateur de radio et de télévision dans les années 50, réalisateur télé à la section Jeunesse de Radio-Canada (1957 – 1967), directeur de la création à Radio-Québec et directeur de la production française à l’Office national du film. Il est l’auteur de la trilogie téléromanesque Le temps d’une paix, Cormoran et Le volcan tranquille. (1980-1998)

L’exposition Pierre Gauvreau & fille est composée de plus de vingt-cinq œuvres réalisées entre 1977 et 2008 par Pierre Gauvreau, ainsi que cinq œuvres réalisées par sa fille Annick. Le corpus des œuvres de Pierre Gauvreau est emblématique des préceptes auxquels le signataire du Manifeste du Refus global est resté attaché toute sa vie. La composition est presque toujours en déséquilibre, les motifs simples en superposition s’empilent d’une manière proche du collage, les couleurs franches et vives se disputent l’espace. D’abord réalisées au pinceau, les œuvres sont, à partir des années 90, réalisées au pochoir et à la peinture en aérosol.

Toutes les œuvres de Pierre Gauvreau affichent un étonnant mélange de complexité et de simplicité. Les titres anecdotiques nous indiquent qu’une histoire est en jeu, et que des personnages et des situations ont assailli l’artiste dans l’acte créateur. Ces titres ne sont pas sans résonance avec les exercices des cadavres exquis et l’écriture automatique des Surréalistes. Si ce corpus rend compte d’un parcours sans cesse renouvelé, un esprit se dégage de l’ensemble : celui d’un grand vent de liberté.

Annick Gauvreau
Annick Gauvreau est la fille de Madeleine Arbour et de Pierre Gauvreau, deux signataires du Manifeste du Refus global. Un de ses bons amis décrit ainsi son art :

« Chaque œuvre est porteuse d’une idée forte. Il y a un questionnement à caractère social et de nature culturelle (…). Souvent ludiques, elles étonnement par leur simplicité. Il n’y a pas de petits moyens, il n’y a que de beaux et surprenants effets. Toutes ces œuvres regroupent ou rassemblent des objets les plus simples, des objets du quotidien, des objets présents dans la culture commune, la culture dite populaire. Ces objets s’inscrivent dans une époque et font appel à vos souvenirs personnels, à votre vie personnelle, à votre milieu social et culturel. Des dizaines et des dizaines d’objets sollicitent le visiteur qui découvre ces saynètes. Toutes les œuvres ont un au-delà des objets. »
Richard Dubé, muséologue

 

Annick Gauvreau, Tableau en suspension, acrylique sur toile, 2008.