à
The Black Room - MA - Jean-Ambroise Vesac - Michelange Quay

Date

28 Fév 2020 - 07 Sep 2020
Exposition croisée Haïti-Québec
Avec JEAN-AMBROISE VESAC & MICHELANGE QUAY
Résidence de création
16 au 20 mars 2020

REPORTÉE À UNE DATE ULTÉRIEURE
Performances et Nuit électrovaudou
samedi 21 mars 20 h

REPORTÉES À UNE DATE ULTÉRIEURE

Commissariat: Giscard Bouchotte et Jean-Jacques Lachapelle.  Partenariat entre le Musée d’art (Rouyn-Noranda, Québec) et Chantiers du Sud (Port-au-Prince, Haïti).  Avec le soutien du Ministère des Relations internationales et de la Francophonie du Québec (MRIF).


” THE BLACK ROOM est une exposition immersive d’art et d’installation vidéo qui explore les travaux récents de deux artistes : Jean-Ambroise Vesac, originaire du Québec et Michelange Quay, d’Haïti. Tandis que Jean-Ambroise Vesac nous plonge dans un monde imaginaire abstrait et minimal avec sa proposition vidéo “Cycles et saturation”, Michelange Quay nous invite à une expérience sensorielle par le biais d’une installation vidéo dans la continuité de sa série The Black Box, celui-ci en étant le deuxième chapitre, mêlant cinéma hypnotique et objets traditionnels d’Haïti.

A travers ces deux œuvres, on retrouve l’affirmation d’une transgression progressive. Leur complémentarité devient évidente dans ce commun désir d’hypnotisation et de conception du son, non pas comme une illustration de l’image, mais comme un univers parallèle qui peut aller jusqu’à la transe chez celui qui regarde. Jean-Ambroise met de la couleur, en s’inspirant de l’environnement virtuel 3D ScnVir (Scène virtuelle) là où Michelange propose du noir et blanc. L’un jubile avec ses avatars animés dans un non-lieu, l’autre décline les corps en temples et les temples en corps.

Entre ces deux vidéastes qui ne se sont jamais rencontrés, ne serait-ce que par des “fidèles truchements”, règne une complicité  du regard (mais qui regarde qui ?), établie sur l’idée de l’écran considéré comme un miroir et une conception du cinéma comme un cérémonial auquel nous sommes conviés. Préparez-vous. La transgression n’a pas de limite.”

Giscard Bouchotte, décembre 2019

Chantiers du Sud à Port-au-Prince en Haïti et le MA, musée d’art de Rouyn-Noranda au Québec sont partenaires pour un projet croisé de séjours exploratoires et d’expositions. Giscard Bouchotte, commissaire haïtien a séjourné à Rouyn-Noranda en octobre 2018, période durant laquelle il a participé en tant que conférencier à la Biennale de performance de Rouyn-Noranda et dans le cadre du cours d’Introduction à l’art autochtone auprès d’étudiants eeyou (cris), ilnus (montagnais) et anishnabes (algonquins). Jean-Jacques Lachapelle directeur du MA est allé à la rencontre du milieu artistique de Port-au-Prince en juin 2019, découvrant entre autres les artistes de la Gran Rue, le Centre d’art et les galeries privées portoprincières.

D’abord présentée à Port-au-Prince à l’occasion de la Nuit Blanche 2019, l’exposition The Black Room réunit les vidéos « Cycles et saturation » de Jean-Ambroise Vesac (Québec) et « The Black Box » de Michelange Quay (Haïti).  Le MA présente d’abord cette version dès le 28 février 2020. À la mi-mars, avec la présence du commissaire et de l’artiste haïtiens, l’exposition sera reconfigurée et donnera lieu le samedi 21 mars à une Soirée de performance et une Nuit électrovaudou.

Ce projet croisé a été rendu possible grâce au soutien du Ministère des relations internationales et de la Francophonie du Québec.

 


NUIT ELECTROVAUDOU
précédée d’une soirée de performance

Samedi, 21 mars 20h

REPORTÉE À UNE DATE ULTÉRIEURE

  PERFORMANCE

Jean-Ambroise Vesac et le collectif .crp

SCNVIR-SHOW est une performance musicale et vidéo qui explore en direct la scène virtuelle 3D présente dans l’exposition. Cet espace virtuel est habité d’étranges personnages fantastiques. Comme lors d’un happening, l’improvisation et l’intuition bousculent le métronome et le cadre. Les médiums s’entremêlent, peinture en direct, captation avec traitement vidéo en direct et participation du public. L’ambiance musicale s’amuse de souvenirs sonores d’Haïti et de son électronique pour nous hypnotiser. Le collectif .crp et d’autres invités se joignent à l’événement dans un esprit happening!

NUIT ÉLECTROVAUDOU
Michelange Quay

Michelange Quay invite à une nuit musicale live électrovaudou, une expérience sensorielle mettant ses talents de DJ/VJ et de performeur hypnotiseur au service des rythmes traditionnels haïtiens et des BPM de la techno expérimentale extatique. Musique électronique révolutionnaire, l’électrovaudou est la rencontre entre les rythmes ancestraux et l’électronica moderne. Pour Michelange Quay, le lien entre les rythmes vaudous et le 160 BPM Footwork est évident. Depuis le début du projet The Black Box, il se consacre à l’exploration de l’espace où se mêlent performance musicale, cinéma et hypnose, à la fois pour les acteurs et le public, l’électrovaudou étant comme un rituel hypnotique.

The Black Box – Le Miroir, Michelange Quay, 2019. Photo : François Gasner


MICHELANGE QUAY

Né aux États-Unis et d’origine haïtienne, Michelange Quay est à la fois cinéaste, musicien, artiste multimédia et hypnothérapeute. En 1994 il obtient une Licence de Cinéma à l’Université de New-York, puis une Licence d’Anthropologie à l’Université de Miami. Trois ans plus tard, il est diplômé en réalisation à la prestigieuse Tisch School of Arts, à l’Université de New York. En 2002 il réside à Paris, à la Cinéfondation du festival de Cannes. En 2004, il réalise L’Évangile du cochon créole, un court métrage présenté en version officielle au festival de Cannes la même année. Mange, ceci est mon corps (2007) gagne les salles françaises en 2008. Sylvie Testud et Catherine Samie y sont fille et mère, dans une plongée sensorielle, étrange et onirique dans les racines, les croyances et les vibrations d’Haïti. Ses films ont été sélectionnés à plusieurs festivals internationaux et ont glané plusieurs récompenses : Prix du meilleur court métrage aux festivals de Locarno, de Stockholm, de Milan, de Rio de Janeiro, de Sao Polo, de Turin et au festival Tokyo Con Can Film. Depuis, il travaille sur The Black Box, une série de vidéos qui devrait faire l’objet de son troisième film : un documentaire créatif qui explore la question du trauma transgénérationnel et le malaise de la civilisation moderne à travers le cinéma et l’hypnose.

THE BLACK BOX – LE MIROIR, Michelange Quay

Haïti-Québec, 2019

Le Miroir, chapitre 2 d’une œuvre de long métrage à venir, puise ses ressorts dans la juxtaposition de modes d’introspection qui ont tour à tour joué dans l’Histoire le rôle de médium au sens psychique du terme, et voire de thérapie collective, face aux traumas civilisationnels : vaudou, hypnose, cinéma et musique électro. En les ramenant sur le même plan, l’artiste contracte l’espace spatio-temporel et provoque un clash vibratoire puissant. Le Miroir a été créé en résidence en décembre 2019 pour la 6e édition de la Nuit Blanche de Port-au-Prince.

 


JEAN AMBROISE VESAC (QUÉBEC)

Jean-Ambroise Vesac est un artiste-chercheur et professeur de design expérientiel et événementiel à l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue. Sa pratique touche la performance audiovisuelle, les installations immersives et interactives et la robotique. Il explore les frontières entre les réalités mixtes. Son travail explore l’hybridation de l’homme et des machines dans des installations immersives et interactives. Vesac est impliqué dans le développement et la reconnaissance des arts numériques au Québec. Il collabore notamment avec Perte de Signal à Montréal et La Chambre Blanche à Québec.

Fumée rouge, 2019 – Jean-Ambroise Vesac

FUMÉE ROUGE, 2019, Jean-Ambroise Vesac

Sur un plateau frappé d’éclats de lumière, des silhouettes arpentent l’espace virtuel. La caméra se rapproche; d’entre elles, se distingue un personnage. Créée à partir de l’environnement virtuel 3D SCNVIR, par lequel le gameur investit un avatar, cette captation vidéo réussit à dramatiser la course dans laquelle l’avatar est contraint. Les plans frontaux très cinématographiques provoquent l’identi-fication. Les autres avatars, tous semblables, créent une foule étrangère. La fumée obscurcit l’espace visuel. Une caméra épaule suit de dos notre héros qui peine à trouver sa place parmicet anonymat. Il reprend sa course et trouve-t-il finalement sa rédemption dans la ronde de semblables. Le travail sur les textures des environnements et des personnages contribue à l’intensité dramatique que rehausse une création musicale originale au bord de la transe.

Cycles et saturation, 2019 – Jean-Ambroise Vesac

CYCLES ET SATURATION, 2019 – Jean-Ambroise Vesac

Les cycles sont hypnotiques. La répétition sonore amène un sentiment d’intériorisation, de suspension, presque. L’intensité du dévoilement fréquentiel évoque une possible rupture, un glissement de registre. Pourtant, rien. L’écoute est posée dans un mouvement immobile. Les avatars marchent sur place, animés dans un non-lieu. Silhouettes sans visage regroupées dans cette même attente sur une scène centrale. Un nuage iridescent accueille le regard et noie les acteurs. Progressivement, la géographie se remplit. La complexité visuelle s’accroit. L’espace semble replié. Les couleurs sont saturées. L’image est saturée. Les formes donnent des échos infinis aux lignes. Cycles et saturation propose une évasion audiovisuelle dans un environnement virtuel abstrait. La vidéo a été créée à partir l’environnement virtuel 3D SCNVIR. Il s’agit d’une remédiation qui utilise un projet antérieur comme matière et une application de construction de jeu vidéo comme outil.

 


GISCARD BOUCHOTTE

Giscard Bouchotte explore le champ de la création, entre projets personnels d’écriture, de réalisation et projets artistiques multidisciplinaires en tant que curateur. Titulaire d’un double diplôme de Sciences Politiques et d’un Master 2 de Management des Organisations Culturelles à l’Université Paris-Dauphine, il a écrit plusieurs textes critiques et mené des projets culturels d’envergure. En 2011, il est le commissaire du Premier Pavillon de la République d’Haïti à la Biennale de Venise avec l’exposition itinérante « Haïti Royaume de ce monde » (France, Italie, USA, Martinique, Haïti). A partir de 2013, il travaille depuis Haïti où il lance la Nuit Blanche de Port-au-Prince, sorte de plaidoyer pour l’implication des artistes dans les projets urbains. Il a présenté plusieurs expositions collectives dans la Caraïbe, notamment les Rencontres Photographiques de Guyane (2014), il a été commissaire associé au Festival Caraïbéen de l’Image au Mémorial ACTe en Guadeloupe (2015) et plus récemment il a présenté « Invisibilité Ostentatoire » à la Fondation Clément en Martinique (2017). Ses textes ont été publiés dans plusieurs catalogues d’expositions et revues. Dans le cadre de son travail, il a été invité par plusieurs Universités et institutions pour des conférences, des workshops et des résidences de recherches : Syracuse University et Macalester College aux Etats-Unis (2017), Tilting Axis IV en République Dominicaine (2018), Berlin Biennal (2018) et Davidoff Initiative à Bâle en tant que résident (2018), Tout-Monde Festival à Miami (2019), Caribbean Art Salon et African Art Forum, Biennale de Venise (2019). Giscard Bouchotte a également réalisé trois documentaires : Afrique Rive Gauche (2005), La vie rêvée de Sarah (2008) et Tap Tap Chéri en 2017 pour Canal+ et France Télévisions.

 

JEAN-JACQUES LACHAPELLE  (QUÉBEC)

Jean-Jacques Lachapelle est muséologue. Depuis 2013, il pilote la création du MA, un musée d’art en Abitibi-Témiscamigue dont la mission vise à faire connaître les arts anciens, modernes et contemporains des Amériques, dans leurs diversités culturelles historiques et actuelles, en tenant compte de l’important héritage autochtone. La coopération internationale, premier champ d’action au sortir de son parcours universitaire, marque sa conception du rôle du musée dans un monde globalisé. À travers des projets d’exposition, de résidence, de publication, il tente de renforcer l’axe de recherche panaméricain.

 

MA (Rouyn-Noranda, Québec)

Le MA est un musée d’art ayant pour mission la recherche, le collectionnement, la conservation, l’éducation et l’exposition afin d’offrir une meilleure compréhension du monde. Les expositions Dialogue (2014-2020), un cycle d’expositions dédiées aux artistes autochtones de l’Abitibi-Témiscamingue en situation de dialogue, les échanges internationaux avec Cuba, Haïti et le Mexique, et le travail d’exposition, de publication et de résidence avec les artistes de la scène locale forment le cadre de référence pour une meilleure perception de la position économique et géopolitique des régions dites périphériques.

 

CHANTIERS DU SUD (Port-au-Prince, Haïti)

Fondé en 2010 à Port-au-Prince en Haïti, Chantiers du sud est une plate-forme critique de réflexion et de production d’expressions contemporaines. Cette plate-forme initie et accompagne des projets de formes et d’expressions contemporaines, en priorisant les pays dits du «sud économique» et les territoires où les ressortissants de ces pays se sont installés. La plate-forme regroupe en réseau plusieurs structures autour des pratiques d’arts visuels en priorité et d’interventions critiques. Elle se veut un espace de réflexion commune permettant à des créateurs et des opérateurs de ces territoires de multiplier les initiatives privées et d’élargir leurs horizons.