Dialogue V : art sámi et inuit

Date

10 Oct 2025 - 18 Jan 2026

NIAP, Uncategory 11 Land [Non-catégorie 11 Territoire], 2019, pigment d’impression d’archives et acrylique sur papier.

 

Niap
Ulivia Uviluk
Prim
Marte Lill Somby
Máret Ánne Sara

Commissaires : Virginia Pesemapeo Bordeleau et Vanessa Bell

Inauguration 5 à 7 le vendredi 10 octobre
Table-ronde et conférences le samedi 11 octobre de 11 h 00 à 16 h 00.
Bar : $. Halte-garderie : gratuit.

Programme de la fin de semaine d’inauguration

VENDREDI 10 OCTOBRE 

  • ● 16h 00 Préouverture : Visite commentée avec artistes et co-commissaires 
  • ● 17 h 00 Inauguration 5 à 7 :
    • ● 17 h 00 – Verre de l’amitié 
    • ● 17 h 30 – Prise de parole des co-commissaires 
    • ● 17 h 40 – Prise de parole directeur du musée  
    • ● 17 h 45 – Chant de gorge
    • ● 18 h 00 – Prise de parole des artistes 
    • ● 18 h 15 – Visite commentée avec co-commissaires

SAMEDI 11 OCTOBRE 

  • ● 11 h 00 Table-ronde :

 L’art autochtone en musée, quels défis? (fr/en)
Participant·es : Virginia Pesemapeo Bordeleau, Gabrielle Bouchard, Prim, Marte Lill Somby et Niap. Animation : Vanessa Bell
Durée : 60 minutes 

Lors de cette table-ronde en français et en anglais, les artistes de l’exposition Dialogue V s’entretiennent avec les co-commissaires de l’exposition ainsi que la directrice générale et conservatrice en chef du Musée d’art contemporain de Baie-St-Paul autour des défis de présenter en milieu muséal des œuvres créées à partir de matériaux sacrés ou réglementés. Ensemble, elles traceront des liens entre démarches et productions artistiques, entre inspirations et importance du territoire dans l’art des femmes du cercle circumpolaire.

  • ● 12 h 00 Dîner communautaire
  • ● 13 h 00 Conférence :

Les imaginaires du Nord
Participant : Daniel Chartier, Professeur à l’Université du Québec à Montréal, Titulaire de la Chaire UArctic sur l’imaginaire, les perceptions et les médiations de l’Arctique, Directeur du Laboratoire international de recherche sur l’imaginaire du Nord, de l’hiver et de l’Arctique. Co-directeur du Groupe de recherche sur l’écriture nord-côtière (GRÉNOC)
Durée : 30 minutes incluant période de questions 

Découvrez la richesse des histoires du Nord en compagnie du professeur titulaire de la Chaire UArtic sur l’imaginaire, les perceptions et les médiations de l’Arctique, Daniel Chartier.  

  • ● 13 h 30 – Mátkkoštan okto / Voyager seule / Reiser alene avec traduction vers le français 

À la rencontre de l’art sámi avec Marte Lill Somby
Durée : 60 minutes (45 minutes + 15 Q&R) 

Retour sur l’exposition qui s’est tenue en 2024 au Sámi Dáiddaguovddás à Karasjok, en Norvège. Lors de cette conférence sous le signe du partage, l’artiste sámi Marte Lill Somby présente son approche écologique de l’art et la diversité de celle-ci à l’aide de 32 œuvres et projets différents. Entre cueillette et transformation, l’artiste travaille essentiellement avec des ossements et la peau de baleines, rennes, orignaux et autres animaux vivants sur le même territoire qu’elle. Rencontrez une artiste généreuse dont le travail soulève de plus en plus d’intérêt dans le monde entier.

Pour cette cinquième occurrence du cycle Dialogue, les co-commissaires, Virginia Pesemapeo Bordeleau et Vanessa Bell, ont souhaité célébrer le travail des femmes de la nation inuite du Nunavik et de la nation Sámi du territoire politique norvégien.

Pour ce faire, elles se sont rendues au Sámi Dáiddaguovddáš (centre Sámi pour l’art contemporain) à Karasjok, afin de rencontrer le travail remarquablement actuel de deux artistes de grande renommée : Máret Ánne Sara et Marte Lill Somby. C’est en parcourant le territoire, en vivant leurs œuvres, en partageant thé et repas avec elles que s’est constitué un corpus en écho au travail des femmes artistes inuit : Niap, Prim et Ulivia Uviluk.

Comme partout dans le monde, les cultures s’actualisent, et avec elles, l’art évolue. Aux motifs traditionnels s’ajoutent désormais des préoccupations politiques, environnementales et féministes. Il apparaît essentiel, dans le contexte mondial présent, de revisiter les clichés de l’art autochtone pour présenter les voix des femmes dont le travail maille innovation et tradition. Au cœur de cette exposition pulse la volonté de mettre en lumière ce que le peuple sámi nomme daiddaduodji : le travail artistique résultant de l’intersection de l’artisanat traditionnel sámi (duodji) et de l’art contemporain sámi (dáidda).

Outre les similitudes existant entre les territoires de vie et de création, le souhait de faire dialoguer ces Peuples tient largement au partage d’une histoire coloniale brutale toujours présente. Ce cycle cherche à révéler les manières dont le sort et le corps des femmes autochtones sont intrinsèquement liées aux territoires qu’elles habitent et aux animaux qui y vivent.

Dialogue V : art sámi et inuit est l’occasion de célébrer le onzième anniversaire de ce grand cycle qui favorise le dialogue interculturel par le biais de l’art. Cette édition est entièrement consacrée au travail des créatrices qui explorent les destins parallèles des corps et des territoires.

For this fifth edition of the Dialogue cycle, co-curators Virginia Pesemapeo Bordeleau and Vanessa Bell wanted to celebrate the work of women from the Inuit Nation of Nunavik and the Sámi Nation of the Norwegian political territory.

To do so, they traveled to the Sámi Daiddaguovddáš (Sámi center for contemporary art) in Karasjok to discover the remarkably contemporary work of two renowned artists: Máret Ánne Sara and Marte Lill Somby. It was by traveling through the territory, experiencing their works, and sharing tea and meals with them, that a body of work was created that echoes the work of Inuit women artists Niap, Prim, and Ulivia Uviluk.

As everywhere else in the world, cultures are changing, and with them, art is evolving. Traditional motifs are now complemented by political, environmental and feminist concerns. In the current global context, it seems essential to revisit the clichés of indigenous art in order to present the voices of women whose work combines innovation and tradition. At the heart of this exhibition is a desire to highlight what the Sámi people call daiddaduodji, the artistic work resulting from the intersection of traditional Sámi craftsmanship (duodji) and contemporary Sámi art (dáidda).

In addition to the similarities between their territories of life and creation, the desire to bring these peoples into dialogue stems largely from their shared history of brutal colonization, which is still present today. This cycle seeks to reveal the ways in which the fate and bodies of Indigenous women are intrinsically linked to the territories they inhabit and the animals that live there.

Dialogue V : Sámi and Inuit Art is an opportunity to celebrate the eleventh anniversary of this major cycle, which promotes intercultural dialogue through art. This is the first edition entirely devoted to the work of women, under the theme of the body and territory, and their parallel fates.

NIAP
Inuk, Kuujjuaq | 1986

Niap est une artiste multidisciplinaire inuk primée originaire de Kuujjuaq, au Nunavik. Elle vit actuellement à l’Île-Du-Prince-Édouard. Elle est connue pour son travail qui allie l’art inuit traditionnel avec des techniques et des thèmes contemporains. Ses œuvres, qui explorent son identité de femme inuk, ont été exposées dans de grandes institutions au Canada parmi lesquelles figurent les Musées des beaux-arts de Montréal et de l’Ontario, la galerie McClure et le Musée canadien de la nature. Niap a joué et contribué à la création de la pièce de théâtre Aalaapi et a tenu un rôle dans la série télévisée Épidémie. Elle est également une interprète de chants de gorge accomplie.

Niap is award-winning multidisciplinary Inuk artist originally from Kuujjuaq, Nunavik, who currently lives on Prince Edward Island. She is known for her work combining traditional Inuit art with contemporary techniques and themes. Her works, which explore her identity as an Inuk woman, have been exhibited in major institutions across Canada. These include the Montreal and Ontario Museums of Fine Arts, the McClure Gallery, and the Canadian Museum of Nature. Niap performed in and contributed to the creation of the play Aalaapi and had a role in the television series Épidémie. She is also an accomplished throat singer.

Démarche :
Niap débute sa carrière artistique par le dessin réaliste. Ce médium ouvre rapidement la porte à une pratique multidisciplinaire qui se manifeste à travers la sculpture, la peinture, la performance, le chant de gorge et le théâtre. Son travail, auquel elle intègre des éléments de son expérience de vie en milieu urbain, est profondément influencé par sa culture et sa communauté natale de Kuujjuaq. Évitant les écueils d’une critique polarisante ou victimiste, Niap adopte une approche bienveillante pour reconstruire les liens entre le passé et l’avenir. Au sein d’une même œuvre,, elle renverse souvent toutes les notions de tradition artistique ou de modernité, autochtones ou non. Par ce procédé, elle cherche à assurer la pérennité de l’art inuit tout en en démontrant sa pertinence actuelle.

Approach :
Niap began her artistic career with realistic drawings. This medium quickly opened the door to a multidisciplinary practice including sculpture, painting, performance, throat singing, and theater. Her work, which incorporates elements of her urban life experience, is deeply influenced by her culture and her native community of Kuujjuaq. Avoiding the pitfalls of polarizing or victimizing criticism, Niap takes a benevolent approach to rebuilding the links between the past and the future, often overturning in a single work all notions of artistic tradition or modernity, indigenous or otherwise. Through this process, she seeks to ensure the continuity of Inuit art while demonstrating its current relevance.

PRIM
Inuk, Ivujivik | 2003 

Prim  –  Pasa Mangiok –  est une artiste visuelle multimédia bispirituelle originaire d’Ivujivik, au Nunavik. Artiste de quatrième génération, Prim est influencée dans ses explorations par les membres de sa famille qui la précède. Sa pratique artistique est diversifiée, allant de la peinture à la gravure, en passant par l’art numérique, le perlage et la sculpture traditionnelle. Ses œuvres font partie de la collection de l’Institut culturel Avataq. Après des études au Collège Dawson, elle termine présentement un baccalauréat à l’Université Concordia à Montréal, où elle vit et travaille.

Prim – Pasa Mangiok – is a two-spirit Inuk multimedia visual artist from Ivujivik, Nunavik. A fourth-generation artist, Prim is influenced in her explorations by her family members who came before her. Her artistic practice is diverse, ranging from painting, printmaking, digital art, beadwork, and traditional sculpture. Her works are included in the collection of the Avataq Cultural Institute. After studying at Dawson College, she is currently completing a bachelor’s degree at Concordia University in Montreal, where she lives and works.

Démarche :
Pasa Mangiok dessine depuis l’enfance et n’a cessé d’expérimenter diverses formes d’art au fil des années. Son travail est profondément influencé par ses émotions et ses rêves. Sa riche vie onirique lui fournit des rêves vivides et lucides dont elle s’inspire pour créer des œuvres. Prim a ré
alisé des illustrations pour plusieurs livres en plus d’écrire ses propres histoires en lien avec sa communauté. Dans les six dernières années, elle a travaillé avec de multiples organismes et organisations pour diffuser son travail. Elle a, entre autres, participé à un projet d’atelier de linogravure à Ivujivik aux côtés d’artistes tels que Qumaq Mangiuk Iyaituk et Mary Paningajak Alaku.

Approach :
Pasa Mangiok has been drawing since childhood and has continued to experiment with various art forms ever since. Her work is deeply influenced by her emotions and dreams. With a rich dream life, she draws inspiration from her vivid and lucid dreams to create works based on her memories of them. Prim has illustrated several books and written her own stories related to her community. For the past six years, she has worked with multiple organizations to disseminate her work. Among other things, she participated in a linocut workshop project in Ivujivik alongside artists such as Qumaq Mangiuk Iyaituk and Mary Paningajak Alaku.

ULIVIA UVILUK
Inuk, Kangirsuk| 1998

Ulivia Uviluk est une artiste multidisciplinaire originaire de Kangirsuk, au Nunavik. Sa pratique artistique englobe le cinéma, le perlage, l’écriture, le jeu et le commissariat, et s’ancre profondément dans l’identité, la culture et l’expérience inuit. Uviluk a fait ses premiers pas dans le monde de l’art grâce à Wapikoni Mobile, où elle a réalisé plusieurs courts métrages présentés dans divers festivals.  Son travail a notamment été présenté et soutenu par la Biennale d’art autochtone contemporain (BACA), par l’Institut culturel Avataq et par la Galerie McClure. Elle a tenu un rôle dans la série télévisée Épidémie et a été le sujet du court documentaire Inuk Butterfly. Elle a également partagé la scène avec Niap dans la pièce primée Aalaapi. En tant qu’autrice, elle a rédigé des textes pour Inuit Art Quarterly ainsi que pour des catalogues internationaux d’expositions.

Ulivia Uviluk is a multidisciplinary artist from Kangirsuk, Nunavik. Her artistic practice encompasses filmmaking, beadwork, writing, acting, and curating, and is deeply rooted in Inuit identity, culture, and lived experience. Uviluk took her first steps in the art world with Wapikoni Mobile, where she directed several short films that were screened at various festivals. Her work has been presented and supported by the Biennale of Contemporary Indigenous Art (BACA), Avataq Cultural Institute, and the McClure Gallery, among others. She played a role in the television series Épidémie and was the subject of the short documentary Inuk Butterfly. She also shared the stage with Niap in the award-winning play Aalaapi. As a writer, she has written articles for Inuit Art Quarterly as well as for international exhibition catalogs.

Démarche :
L’int
érêt d’Ulivia Uviluk pour les techniques artisanales traditionnelles a débuté en 2017, lors d’ateliers de perlage. Elle a continué à apprendre de manière autodidacte, créant des boucles d’oreilles et des objets miniatures en trois dimensions. En tant qu’artiste, elle a également travaillé avec Wapikoni Mobile, réalisant les courts métrages Wearing my culture (2018) et Not just a Missing or Murdered Aboriginal Woman (2019). Remarquée dans les industries cinématographiques et théâtrales, elle a notamment joué dans la série télévisée Épidémie et dans la pièce de théâtre primée Aalaapi. En plus de son travail d’artiste, Ulivia Uviluk a été agente de programme à Aumaaggiivik, le Secrétariat des arts du Nunavik à l’Institut culturel Avataq.  Elle y a soutenu les artistes Inuit en les aidant à promouvoir leurs œuvres et à obtenir du soutien financier. Elle a également participé à une campagne de Montréal autochtone contre la discrimination et a été coordinatrice locale pour les ateliers du Wapikoni Mobile à Montréal et à Kangirsuk. En 2024, Uviluk a participé à une résidence artistique d’échange entre le Sápmi et le Nunavik, aux côtés de Laila Labba, avec des séjours à Karasjok (Norvège) et à Ivujivik (Nunavik). Cette collaboration a donné lieu à l’exposition ᐃᖃᓪᓕᐊᒋᐊᓯᕗᒍᑦ / Vulge oaggut / Aller à la pêche / Going Fishing: Laila Labba and Ulivia Uviluk, présentée à la Galerie McClure, puis au Sámi Dáiddaguovddáš à Karasjok et àinsi qu’À Ivujivik.

Approach :
Ulivia Uviluk’s interest in traditional craft techniques began in 2017 during beading workshops. She continued to teach herself, creating earrings and miniature three-dimensional objects. As an artist, she has also worked with Wapikoni Mobile, directing the short films Wearing my Culture (2018) and Not just a Missing or Murdered Aboriginal Woman (2019). Noticed in the film and theater industries, she has appeared in the television series Épidémie and the award-winning play Aalaapi. In addition to her work as an artist,
Ulivia Uviluk was a program officer at Aumaaggiivik, the Nunavik Arts Secretariat at the Avataq Cultural Institute, where she has supported Inuit artists by helping them promote their work and obtain financial support. She also participated in an Indigenous Montreal campaign against discrimination and was the local coordinator for Wapikoni Mobile workshops in Montreal and Kangirsuk. In 2024, Uviluk participated in an artistic exchange residency between Sápmi and Nunavik, alongside Laila Labba, with stays in Karasjok (Norway) and Ivujivik (Nunavik). This collaboration resulted in the exhibition ᐃᖃᓪᓕᐊᒋᐊᓯᕗᒍᑦ / Vulge oaggut / Aller à la pêche / Going Fishing: Laila Labba and Ulivia Uviluk, presented at the McClure Gallery, then at the Sámi Daiddaguovddáš in Karasjok and Ivujivik.

MARTE LILL SOMBY
Sámi, Norvège | 1987

Marte Lill Somby vit et travaille à Karasjok, en Norvège. Son univers artistique se déploie à travers différentes techniques dont la photographie, le graphisme et les installations sculpturales.
Grâce à son travail de cueillette en nature, elle crée des œuvres liées au corps et à l’esprit. Au fil du temps, Somby a exploré son identité de femme Sámi à travers les thèmes de l’abus, de la santé mentale et de la mort en utilisant divers matériaux naturels dont les pierres, l’épicéa, le sisti (cuir de renne traditionnellement tanné à la main), le papier et les ossements.
Le travail de Marte Lill Somby se trouve dans plusieurs collections publiques et privées dont la New York Public Library, le programme d’achat du parlement Sámi, le Conseil de comté de NRK, Troms et Finnmark et la collection de la Reine de Norvège. Somby a participé à plusieurs expositions nationales et internationales.

Marte Lill Somby lives and works in Karasjok, Norway. Somby uses a variety of techniques such as photography, graphics and sculptural installations. Through materials and inspiration that she has found in nature, she creates works related to the body and mind. Somby has explored her identity through the use of various natural materials such as stones, spruce, sisti, paper and bones, linked to themes such as abuse, mental health and death.
Somby’s work has been purchased by several institutions such as the New York Public Library, the Sámi Parliament’s purchasing scheme, NRK, Troms and Finnmark County Council and she also has a work in the Queen Sonja’s Art Stable collection. Somby has participated in several exhibitions nationally and internationally.

Démarche :
Le travail de Marte Lill Somby s’inscrit dans un mouvement visant à mettre en lumière le pouvoir personnel et social des femmes Sámis en proie à plusieurs formes de violences systémiques et domestiques. Dans un désir de renversement, l’artiste transforme l’histoire de ces personnes à travers des interventions artistiques témoignant de la véracité de leurs récits. Inspirée par la nature, sa culture et son identité, elle propose des œuvres aux récits discrets alliant figuration et abstraction où les gestes quotidiens dialoguent avec les enjeux sociaux. À travers ses œuvres, elle interroge la vie contemporaine de son peuple, le sort de femmes de sa Nation et la place que l’art peut jouer comme vecteur de transformation sociale. Sa production se déploie à travers le graphisme, la broderie, le dessin, la photographie et les installations sculpturales dans une approche appelée daiddaduodji; une création à l’intersection de l’artisanat traditionnel Sámi (duodji) et  de l’art contemporain Sámi (dáidda).

Approach :
Marte Lill Somby’s work is part of a movement to illuminate personal and social power among indigenous women in the Norwegian part of Sápmi who are victims of various forms of systemic and domestic violence. In a desire for change, the artist transforms these individuals’ stories into artistic interventions that bear witness to the truth of their accounts. Inspired by nature, her culture, and her identity, she creates works with subtle narratives that combine figuration and abstraction, where everyday gestures engage in dialogue with social issues. Through her work, she questions the contemporary life of her people, the fate of women in her Nation, and the role that art can play as a vehicle for social transformation. Her work encompasses graphic design, embroidery, drawing, photography, and sculptural installations in an approach called daiddaduodji, creations at the intersection of traditional Sámi craftsmanship (duodji) and contemporary Sámi art (dáidda).

MÁRET ÁNNE SARA
Sámi, Norvège | 1983 

Máret Ánne Sara est artiste, autrice et gardienne du territoire. Elle est issue d’une famille d’éleveurs de rennes de Kautokeino, dans le nord de la Norvège, où elle vit et travaille. Son travail traite des questions politiques et sociopolitiques qui touchent les communautés Sámis et autochtones, en particulier la communauté Sámi d’éleveurs de rennes. Son travail s’exprime par le biais de plusieurs médiums dont le collage, le dessin, la sculpture, l’art textile et la vidéo. Il a été présenté dans plusieurs expositions individuelles et collectives, notamment au Tate Modern, Royaume-Uni (2025); au Northern Arts Festival, à Harstad, en Norvège (2025) ; au Centre Sámi pour l’art contemporain, à Karasjok, en Norvège (2024) ; à Emerson Dorsch, à Miami, aux États-Unis (2023) et à la 59e Biennale de Venise (2022). Son œuvre phare Pile O’ Sápmi a été présentée à la Documenta 14, à Kassel, en 2017, avant d’être acquise par le Nasjonalmuseet d’Oslo (Musée national de Norvège), où elle occupe une place centrale à l’entrée du musée. Elle est l’initiatrice et la membre fondatrice du collectif d’artistes Dáiddadállu. En 2014, elle a été finaliste au prix de littérature jeunesse du Conseil nordique pour son premier livre  Ilmmid gaskkas.

Máret Ánne Sara is an artist, author and land defender. She comes from a family of reindeer herders in Kautokeino, northern Norway, where she lives and works. Her work addresses political and socio-political issues affecting Sámi and indigenous communities, particularly the Sámi reindeer herding community. Her work spans several mediums, including collage, drawing, sculpture, textile art, and video. It has been featured in several solo and group exhibitions, notably at Tate Modern, United Kingdom (2025); Northern Arts Festival, Harstad, Norway (2025); Norwegian Center for Contemporary Sámi Art, Karasjok, Norway (2024); Emerson Dorsch, Miami, USA (2023); and the 59th Venice Biennale, Venice (2022). Her flagship work, Pile O’ Sápmi, was presented at Documenta 14 in Kassel in 2017, before being acquired by the Nasjonalmuseet in Oslo (Norwegian National Museum), where it occupies a central place at the museum entrance. She is the initiator and founding member of the artist collective Dáiddadállu. In 2014, she was a finalist for the Nordic Council Children and Young People’s Literature Prize for her first book, Ilmmid gaskkas.

Démarche :
Máret Ánne Sara est une artiste, autrice et gardienne du territoire Sámi. Elle est connue pour son travail explorant les questions écologiques mondiales par le prisme de son expérience en tant que membre d’une famille d’éleveurs de rennes sur le territoire du peuple autochtone Sámi.
À travers sa pratique multidisciplinaire, Sara met en lumière l’impact du colonialisme nordique sur le mode de vie Sámi. Elle explore l’importance de préserver les connaissances et les valeurs ancestrales afin de protéger l’environnement pour les générations futures. Utilisant souvent des matériaux et des méthodologies issus de l’élevage de rennes, Sara crée des sculptures et des installations puissantes qui mettent en avant la relation réciproque entre les animaux, les territoires, les eaux et les humains.

Approach :
Ma
́ret Ánne Sara is a Northern Sámi artist, author and land defender known for her work exploring global ecological issues through the lens of her lived experience as member of a reindeer herding family in Sápmi, the territory of the Indigenous Sámi people.
Through her multidisciplinary practice, Sara highlights the impact of Nordic colonialism on Sámi ways of life, exploring the importance of preserving Sámi ancestral knowledge and values to protect the environment for future generations. Often using materials and methodologies derived from reindeer herding, Sara creates powerful sculptures and installations which uphold the reciprocal relationship between animals, lands, waters, and humans.

Ce projet est réalisé en collaboration avec l’Institut culturel Avataq, au Québec, et le Centre pour l’art contemporain sámi de Karasjok, en Norvège.

Le cycle des Dialogues vise à mettre en interrelation des artistes autochtones avec d’autres artistes, qu’ils soient allochtones ou autochtones.

Nous remercions le Conseil des arts et des lettres du Québec, le Conseil des arts du Canada ainsi que tous les partenaires du projet :
le Centre d’Entraide Amitié Autochtone de Senneterre, le Musée d’art contemporain de Baie-Saint-Paul, Onqata, Alpagas Charlevoix et la Bio Ferme des Caps.