
Quand la pierre prend vie | Yvon Lemens
Date
Inauguration : vendredi 26 juin, 5 à 7
L’exposition Quand la pierre prend vie propose une plongée dans le monde foisonnant et enchanté d’Yvon Lemens, des années 1980 à aujourd’hui.
Originaire de Maniwaki, Yvon Lemens arrive en Abitibi à un très jeune âge. À 15 ans, il se prend de passion pour la pierre et sculpte ses premières pièces à l’aide d’outils qu’il a lui-même conçus. Ses emplois dans le milieu minier renforcent son lien avec la pierre. Peu à peu, ses outils se perfectionnent, sa connaissance des minéraux s’affine et des thèmes s’imposent dans sa pratique.
Les premières pierres sculptées d’Yvon Lemens sont martelées au poinçon et marteau, puis sablées à la main. On peut voir la marque des coups à la surface des œuvres : le grain de la pierre éclate et forme un creux un peu plus blanc. Aujourd’hui, l’artiste utilise plutôt la scie, la meule et la toupie mécaniques, qui lui permettent de sculpter sans faire éclater le grain. Le travail de la pierre constitue un processus long et méticuleux : l’artiste peut passer jusqu’à 500 heures à peaufiner certaines de ses créations.
Aujourd’hui, Lemens sait reconnaître d’un coup d’œil le potentiel d’une pierre. Les sujets de ses œuvres sont déterminés en cohérence avec les morceaux choisis. Depuis ses premiers gestes, il cultive l’art de mettre en valeur l’identité visuelle de la roche. En rehaussant les textures, les couleurs et l’orientation du grain, il a appris à magnifier la matière. Parfois, il laisse la pierre à l’état brut pour en révéler la beauté. Si certaines pierres lui sont offertes par des proches, la plupart d’entre elles proviennent de carrières et de dépôts miniers.
Les thèmes des œuvres de Yvon Lemens ont évolué au fil du temps. D’abord centré sur des personnages humains, son travail s’oriente ensuite vers les animaux, qu’ils soient réels ou mythiques. Le monde animal procure un sentiment de familiarité à l’artiste car il s’accorde à sa sensibilité personnelle.
Sculptées dans une matière trouvée directement dans l’environnement, ces représentations animalières évoquent le monde vivant grâce à leurs textures organiques. Dans l’œuvre Mammouth laineux, par exemple, l’artiste travaille la surface de la pierre pour créer des motifs qui semblent presque animer la surface froide du carbonate. Du souffle du vent dans l’herbe jusqu’à la dure écorce d’un vieil arbre, les couleurs et textures situent ses œuvres à la frontière entre le réel et l’onirique.
Aujourd’hui retraité, Yvon Lemens voit cette nouvelle étape comme une occasion de donner libre cours à sa créativité. Porté par une multitude de nouvelles idées, il souhaite explorer d’autres pistes artistiques et relever des défis toujours plus ambitieux.