Site de rencontre avec l’art Cuba – Québec

Date

24 Juin 2022 - 02 Oct 2022

Retour, Jorge Otero, Serie War Hero, Impression numérique tissée à la main, 62 x 60 cm, Édition 5 + 2 AP, 2014.

Vernissage le 23 juin à 19 h
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Les artistes cubains :
Jorge Otero
Luis Manuel Otero Alcántara
Nestor Alvarez
Nestor Siré

Les artistes québécois :
Andréane Boulanger
Luc Boyer
Gabrielle Brais-Harvey
Geneviève et Matthieu
Martine Savard

Commissaires :
Reynier Guerra Capote
Jean-Jacques Lachapelle

En dialogue depuis trois ans avec Colón Cultural, organisme culturel basé dans le quartier Colón à La Havane, le MA est fier de mettre en présence des oeuvres de quatre artistes cubains et de cinq artistes témiscabitibiens. La sélection des artistes, réalisée de manière indépendante par les commissaires cubain et québécois, Reynier Guerra Capote et Jean-Jacques Lachapelle, offre un portrait de la création contemporaine sur les deux territoires.

Présentateur officiel de l’exposition

Georges St-Pierre et Charlot, Martine Savard de la série Mon Léo Marjor est plus fort que ton Georges St-Pierre, acrylique sur papier marouflé sur panneau de bois, 56 x 76cm, 2018.

Site de rencontres avec l’art n’est pas seulement une exposition
Par Reynier Guerra Capote, co-commissaire

Pour une première fois s’organise en un espace de convergence artistique une petite exposition éclectique d’artistes de Cuba et de l’Abitibi-Témiscamingue. Ainsi s’élargit un échange durable entre les deux régions qui a commencé par une exposition virtuelle conçue par le Musée d’art de Rouyn-Noranda, l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue et Colón Cultural. Cette relation perdure maintenant à travers une série de résidences croisées amorcées en vue de cette exposition, établissant ainsi un pont permanent entre les deux régions qui facilite non seulement la mobilité des artistes, mais aussi celle de leurs pratiques et de leurs expériences.

Cette exposition ne vise pas à montrer toutes les facettes de l’art contemporain cubain. Au contraire, le caractère éclectique de la sélection des artistes laisse seulement apercevoir un indice de la diversité des voix et des pratiques de l’art de l’île, qui invite à la fois le public de l’Abitibi-Témiscamingue à entrer dans cette scène artistique inexplorée.

Ils sont quatre artistes qui arrivent à Rouyn-Noranda pour entrer en dialogue entre eux et cette fois également avec les artistes de la région hôte. Nestor Álvarez, Luis Manuel Otero, Jorge Otero et Nestor Siré sont les émissaires cubains qui, par leurs œuvres, viennent faire connaître une partie de ce qui se produit dans l’île et qui représente la réalité de son contexte socioculturel. Les artistes participants représentent une génération très importante du présent et de l’avenir de l’art cubain. Un groupe de créateurs qui, depuis sa formation, s’est vu influencer par un contexte très particulier à l’intérieur de la politique culturelle et sociale de l’île. Cette concordance générationnelle n’est pas une limitation de la pluralité de l’exposition; au contraire, s’y expose la complète diversité des pratiques artistiques, plateformes de création, esthétiques et cosmovisions qui convergent dans la scène artistique cubaine du moment.

En ces temps où Cuba se trouve dans une période que certains qualifient de « continuité » et d’autres de « transition » surgissent des artistes comme Luis Manuel Otero, lequel offre une des visions les plus polémiques de la scène contemporaine cubaine. La controverse qu’il provoque ne se limite pas seulement à sa position politique. Le caractère autodidacte de sa formation artistique et les manières peu conventionnelles de sa création font que son œuvre trace son propre chemin dans l’espace artistique cubain. Dans ses pratiques, non seulement il met l’accent sur le résultat final, mais il s’intéresse aussi à la production et au processus comme partie plus importante de la praxis de l’art en soi.

Pour sa part, Jorge Otero est un photographe qui s’intéresse à la recherche sur la créativité sociale, le patrimoine vivant, la tradition, la culture populaire et la culture de survie dans les circonstances actuelles. Une autre de ses préoccupations est le travail avec les textures et ses répercussions visuelles; ce qui fait que sa lentille, plus qu’un plan photographique, transgresse les disciplines déjà établies, rend sculpturales des images créées à partir de visions transgressives des stéréotypes.

Nestor Siré situe l’art, entre autres aspects, dans son contexte social et culturel, établissant une relation dialectique entre ses pratiques et le tissu culturel des processus dans lesquels il intervient. Il met l’accent sur les méthodes non traditionnelles qui contribuent à la confrontation, ou non, de la créativité des méthodes alternatives avec la structure officielle. L’œuvre d’art se présente comme une nouvelle installation de moyens, qui incluent diagrammes, vidéos, photographies, interventions publiques et objets.

Autre artiste de l’exposition, Nestor Álvarez apporte une proposition tout aussi attractive. Son œuvre explore un monde de désautomatisation des plateformes artistiques et de leurs perceptions. Son travail fait preuve d’une grande polyvalence, non seulement par le nombre des moyens d’expression qu’il utilise, mais aussi sur le plan de l’aspect visuel et des représentations. Un de ses champs d’intérêt est la relation entre la lumière et d’autres éléments naturels ou artificiels. La lumière prend corps dans un espace et cesse d’être une composante secondaire et passive pour se convertir en un objet en soi qui interagit avec le spectateur de manière réciproque.

Il s’agit d’une promesse tenue
Par Jean-Jacques Lachapelle, co-commissaire

La rencontre avec Colón Cultural et son initiateur, Reynier Guerra Capote, ouvre une fenêtre inédite sur l’art de l’île de Cuba. Guide incomparable, motivateur hyperactif, rédacteur intelligent, Reyner a su maintenir malgré les circonstances particulières du pays socialiste les communications et la réactivité qu’ont réclamées les temps de la COVID-19.

Pour reprendre son titre, Site de rencontres avec l’art n’est pas seulement une exposition, j’ajouterais qu’en effet il s’agit d’une promesse tenue d’établir des liens durables capables de susciter la compénétration des sensibilités des deux côtés de nos régions périphériques, et de prévoir un calendrier de résidences d’artistes de part et d’autre.

Cuba, bien connue internationalement pour ses grands événements artistiques et la grande éducation artistique de sa population en général, est maintenue pendant longtemps, comme l’ensemble des pays d’Amérique, en périphérie des discours artistiques internationaux, exception faite des États-Unis. Colón Cultural, dont la mission est de faire atterrir l’art dans un quartier négligé de La Havane, est une réponse à cette marginalisation locale, régionale et internationale.

L’Abitibi-Témiscamingue, aussi réputée pour ses grands événements artistiques, reste malgré tout en périphérie des discours artistiques québécois. L’accès aux scènes extérieures, tout en demeurant un idéal de carrière, pourrait rapidement sombrer dans une schizophrénie s’il n’y avait pas de part et d’autre, à La Havane comme à Rouyn-Noranda, le réflexe de se doter de scènes pour accueillir le discours artistique actuel d’ici et d’ailleurs. Centre d’exposition, centre d’artiste, galerie d’art et maintenant musée d’art ont, de concert avec l’Université et le Cégep, contribué à créer une scène artistique diversifiée à Rouyn-Noranda, une ville de moins de 50 000 habitants située à 7 heures au nord de Montréal ou de Toronto.

La sélection des artistes de l’Abitibi-Témiscamingue de cette exposition vise à refléter la diversité des pratiques. Tous ont la particularité d’avoir fait partie de cette scène en ayant comme lien les lieux d’enseignement des arts, tantôt à titre de professeurs, tantôt à titre d’étudiants. Ils sont d’âges variés et ciblent des pratiques et des enjeux diversifiés.

Le doyen, Luc Boyer, a établi sa pratique de sculpteur en étroite relation avec la maladie dégénérative qui l’a d’abord cloué au lit, où il a alors développé le goût du dessin, qu’il a ensuite transcrit dans l’objet tridimensionnel, traçant des allégories entre les organes du corps humain et les matériaux naturels ou industriels que sont la roche, le bois et le fil de fer. L’utilisation des matériaux non conventionnels témoigne des liens étroits qui lient les artistes aux centaines de kilomètres de forêt qui les entourent, de l’absence de boutique de matériel d’art, ou du désintérêt pour les matériaux stéréotypés « d’artistes » en regard des grands espaces qui gobent le champ de vision.

Ce champ de vision si particulier à la hauteur des terres, mais obstrué par la forêt, et surtout la lumière crue des hivers, soit le quart de l’année à Matagami, modulent le champ pictural des œuvres de Martine Savard, ayant vécu son enfance dans cette ville nichée au creux de la forêt boréale au nord de Rouyn-Noranda. Couleurs pures, sujets aplatis au premier plan, compositions proches des peintures primitives, ses acryliques s’en distancient par l’épure : le sujet est isolé, minimal, répercutant des indices d’une action, d’une passion remémorée ou des traces d’un passé oublié. La sélection des œuvres faite par l’artiste repose sur l’idée d’un dialogue avec les artistes cubains, préoccupation toujours présente dans sa pratique, où la culture populaire, la faune, la flore ou la toponymie de la région fleurissent en des recensements graphiques mettant en valeur l’identité locale, sa connaissance et sa reconnaissance.

Le duo de performeurs impénitents Geneviève et Matthieu, qui s’appuient aussi largement sur la culture populaire, examine l’effet des déplacements des conventions vers des non-conventions. S’ils jouent sur la différenciation sexuelle de leur couple, c’est aussi pour brouiller les codes et transformer leur couple en êtres androgynes dont la gémellité permet l’aller-retour d’un pôle à l’autre en accentuant les caractères respectifs de chaque pôle. Semblables allers-retours, ils en effectuent dans les modes artistiques qu’ils mettent en œuvre afin d’arriver à leur fin : musique, chant, installation, vidéo, peinture, performance.

La performance occupe aussi une place importante dans le parcours d’Andréane Boulanger. Cette pratique, qui tire son impact de ce qu’elle crée dans le réel des situations inhabituelles, alimente la pratique picturale de l’artiste. Ces peintures fondent leur effet sur la vraisemblance propre à un récit, mais un intrus – objet, personne ou attitude – détonne et renverse la logique attendue. Mais à l’égal de la vie, bien que l’œuvre recouvre toute une histoire intime propre à l’artiste, nous sommes pris à témoin, sans trop savoir quoi en penser, ce qui renforce l’impact du propos.

On retrouve dans les personnages esquissés de Gabrielle Brais-Harvey un désordre émotif similaire. Construits à titre d’autoportraits, ces dessins démembrent l’humain, le font voler, le dotent de pouvoirs qu’il semble subir plutôt qu’en jouir. Solitude, mais aussi amitié sororale comme gage d’équilibre. Le dessin comme pratique artistique est assumé et prend la valeur de médium d’urgence et de frugalité, de simplicité volontaire. Le tout est en accord avec les convictions féministes qui soutiennent l’œuvre de la plus jeune artiste de la sélection.

“Sitio de citas con el arte” no es solo una exhibición.
Texto de Reynier Guerra Capote, cocurador.

Por primera vez se encuentran en un espacio de confluencias artísticas, una pequeña y ecléctica muestra de los artistas de Cuba y Abitibi-Témiscamingue.

Así se amplía un intercambio permanente entre ambas regiones que comenzó con una muestra virtual organizada por el Musée d’art de Rouyn-Noranda, la Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue y Colón Cultural.

Esta relación perdura en un programa de residencias cruzadas que se inician con esta exposición, estableciendo así un puente permanente entre ambas regiones que facilita la movilidad de los artistas, sus prácticas y experiencias contextuales.

Con esta exhibición, no se intenta mostrar todas las facetas del arte contemporáneo cubano. Al contrario, el carácter ecléctico de la selección de los artistas, solo deja un indicio de la diversidad de las voces y prácticas del arte de la isla, a la vez que invita a adentrarse al público de Abitibi-Témiscamingue dentro de esta inexplorada escena artística.

Cuatro artistas llegan a Rouyn-Noranda para entrar en diálogo entre ellos y a su vez con los artistas de la región anfitriona.

Nestor Álvarez, Luis Manuel Otero, Jorge Otero y Nestor Siré son los emisarios cubanos que con sus obras llegan para mostrar una parte de sus producciones y que representan la realidad de su contexto sociocultural. Los artistas participantes forman una generación muy importante dentro del presente y el futuro del arte cubano. Creadores que desde su formación se vieron influidos por un contexto muy especial dentro de la política cultural y social. Esta concordancia generacional no es un limitante para la pluralidad de la muestra, más bien, se exhibe la compleja diversidad de las prácticas artísticas, plataformas de creación, estéticas y cosmovisiones que confluyen en la escena artística cubana contemporánea.

En tiempos en el que Cuba se encuentra en un período que algunos llaman « Continuidad » y otros « Transición », artistas como Luis Manuel Otero llegan para mostrar una de las visiones más polémicas dentro de la escena contemporánea cubana. Esta controversia no se limita solo a su posición política. El carácter autodidacta de su formación artística y el estilo poco convencional de su creación, hacen que su obra marque un camino dentro del espacio artístico cubano. En su hacer se enfoca en el resultado final, en la producción y en el proceso como partes importantes de la praxis del arte.

Por su parte, Jorge Otero es un fotógrafo interesado en la investigación sobre la creatividad social, el patrimonio vivo, la tradición, la cultura popular y la cultura de supervivencia bajo las circunstancias actuales. Otra de sus inquietudes es el trabajo con las texturas y sus repercusiones visuales. Hace que su lente más que un plano meramente fotográfico transgreda disciplinas ya establecidas, tornando escultóricas las imágenes desde visiones transgresoras de meros estereotipos.

Nestor Siré contextualiza entre otros aspectos sobre el arte en su contexto social y cultural, establece una relación dialéctica entre sus prácticas y el tejido cultural de los procesos en los que interviene. Se enfoca en métodos no tradicionales que contribuyen a la confrontación o no de la creatividad de los métodos alternativos con la estructura oficialista. La obra de arte se presenta como una nueva instalación de medios que incluye diagramas, videos, fotografías, intervenciones públicas y objetos.

Nestor Álvarez trae una propuesta igual de atractiva. Su obra explora un mundo de desautomatización de las plataformas artísticas y sus percepciones. En su trabajo muestra una gran versatilidad, no solo en cuanto a medios de expresión se refiere sino también en su visualidad y representaciones. Uno de sus intereses es la relación entre la luz y otros elementos naturales o artificiales. La luz toma cuerpo dentro de un espacio y deja de ser un componente secundario y pasivo para convertirse en objeto en sí mismo que interactúa con el espectador de manera recíproca.

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Esta es una promesa cumplida
Texto de Jean-Jacques Lachapelle, co-curador

El encuentro con Colón Cultural y su iniciador, Reynier Guerra Capote, abre una nueva ventana del arte en la isla de Cuba. Guía incomparable, motivador hiperactivo, redactor inteligente, Reyner supo mantener, a pesar de las circunstancias particulares del país socialista, la comunicación y la capacidad de respuesta que demandaban los tiempos de la Covid-19.

Para usar su título, Sitio de citas con el arte no es solo una exposición, agregaría que además es una promesa cumplida para establecer vínculos duraderos capaces de motivar el intercambio de sensibilidades entre nuestras regiones periféricas y para planificar un calendario de residencias de artistas en ambos lados.

Cuba, conocida internacionalmente por sus importantes manifestaciones artísticas y la gran formación en las artes de su población, se mantuvo durante mucho tiempo, como todos los países de América, en la periferia del discurso artístico internacional, con excepción de Estados Unidos.

Colón Cultural, cuya misión es hacer desembarcar el arte en un barrio marginado de La Habana, es una respuesta a la exclusión local, regional e internacional.

Abitibi-Témiscamingue, también conocida por sus notables eventos artísticos, permanece, sin embargo, en la periferia del discurso del arte en Quebec. El acceso a los escenarios al aire libre, lejos de ser ideal, podría hundirse rápidamente en la esquizofrenia si no hubiera en ambos lados, tanto en La Habana como en Rouyn-Noranda, el reflejo de dotarse de un escenario para acoger el discurso artístico actual de aquí y de otros lugares. Centro de exposiciones, centro de artistas, galería de arte y ahora museo de arte han creado, junto con la Universidad y el Cégep, una escena artística diversificada en Rouyn-Noranda, una ciudad de menos de 50.000 habitantes ubicada a 7 horas al norte de Montreal o de Toronto.

La selección de artistas de Abitibi-Témiscamingue para esta exposición intenta reflejar la diversidad de las prácticas. Todos tienen en común el haber participado de este escenario local al tener como nexo los lugares de enseñanza de las artes a veces como docentes o como alumnos. En lo que se distinguen es en edades, prácticas y temas a los que se dirigen.

El decano Luc Boyer asentó su práctica como escultor en estrecha relación con la enfermedad degenerativa que primero lo encerró en cama de donde desarrolló el gusto por el dibujo, y que luego transcribió en el objeto tridimensional trazando alegorías entre los órganos del cuerpo humano y los materiales naturales o industriales como roca, madera y alambre. El uso de materiales no convencionales da testimonio de los estrechos vínculos que unen a los artistas y los cientos de kilómetros de bosque que los rodean, la ausencia de una tienda de materiales de arte y el desinterés por los materiales tradicionales « de artistas » frente a los grandes espacios que se tragan el campo de visión.

Este campo de visión, tan particular a la altura de la tierra, aunque tapado por el bosque, y especialmente con la luz cruda de los inviernos, es decir, los cuartos del año en Matagami, modula el campo pictórico de las obras de Martine Savard, habiendo vivido su infancia en este pueblo enclavado en lo profundo del bosque boreal al norte de Rouyn-Noranda. Colores puros, figuras planas en primer plano, composiciones cercanas a las pinturas primitivas, sus acrílicos se distancian de ellas por la pureza: el sujeto se encuentra aislado, mínimo, resonando pistas de una acción, una pasión recordada o huellas de un pasado olvidado. La selección de obras realizada por el artista parte de la idea de un diálogo con los artistas cubanos. Esta inquietud siempre está presente en su práctica, donde la cultura popular, la fauna, la flora local o la toponimia florecen en inventarios gráficos destacando la promoción de la identidad local, el conocimiento y reconocimiento.

El dúo de artistas impenitentes Geneviève y Matthieu, también basado en gran medida en la cultura popular, examina el efecto de los cambios de lo tradicional a lo no tradicional. Si juegan con la diferenciación sexual de su pareja, es también para jugar con los códigos y transformar a su pareja en seres andróginos cuya hermandad permite el ida y vuelta de un polo al otro acentuando los respectivos característicos de cada polo. De la misma manera, actúan en los modos artísticos que implementan para llegar a su fin: música, canción, instalación, video, pintura, performance.

La performance también ocupa un lugar importante en la carrera de Andréane Boulanger. Esta práctica, que extrae su impacto de lo que crea en el mundo real de situaciones inusuales, alimenta la práctica pictórica del artista. Estas pinturas basan su efecto en la verosimilitud propia de una historia, si bien un intruso, sea un objeto, una persona o una actitud choca e invierte la lógica esperada. Como en la vida, aunque la obra abarca toda una historia íntima propia del artista, nosotros somos tomados como testigos, sin saber muy bien qué pensar al respecto. Lo que aumenta el impacto.

Encontramos en los personajes esbozados por Gabrielle Brais-Harvey este desorden emocional. Construidos como autorretratos, estos dibujos descuartizan a los humanos, los hacen volar, los dotan de poderes que parecen sufrir más que disfrutar. Sentimos la soledad, pero también la amistad sororal como garantía de equilibrio. Se asume el dibujo como práctica artística y adquiere el valor de un medio de urgencia y frugalidad, de voluntaria sencillez. Eso de acuerdo con las convicciones feministas que jalonan la obra de la artista más joven de la selección.

Bienvenue à Yuma, Luis Manuel Otero Alcántara, Performance, La Havane, 2015.

Minwashin
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